Chers Parrains et Marraines des Enfants du Vietnam,

Sur invitation du P. Isaac, responsable du programme, je suis heureux de rédiger cette Newsletter et de vous adresser nos meilleurs vœux de Noël (sans doute déjà passé à réception de ce courrier) et de Nouvel An 2018.

En effet, j’ai eu la joie de pouvoir visiter les enfants parrainés et nos partenaires, en mai dernier. Cette Newsletter est un peu un carnet de voyage : je l’ai laissé sous cette forme. Peut-être que cela vous donnera l’envie d’aller vous-même au Vietnam ! Pour les français, c’est une invitation à s’inscrire au voyage de groupe que j’organise du 14 au 28 mai 2018. Je donne plus de précisions dans un document séparé.

La visite de mai 2017 s’est faite avec l’aide précieuse du Frère Vu, spiritain vietnamien. Il est artiste, et connait bien Hué pour y avoir étudié quelques années plus tôt. J’ai envoyé un courrier à tous les partenaires pour annoncer et préparer la visite. Je retrouve Vu à l’aéroport de Hué. Nous logeons dans le même petit hôtel près de la cathédrale. Il m’aide pour tous les entretiens avec les enfants. Pour les échanges avec les parrains, ça se passe le plus souvent en Français ou en Anglais. Pierre Cong, le coordinateur principal, et Madame Lai m’aident à faire le planning des rencontres. Au fur et à mesure des entretiens, Vu et moi essayons de mettre à jour les fiches des enfants, avec de nouvelles photos.

Lors de la visite, nous mettons à jour les informations concernant le coût de la scolarité au Vietnam :

Le coût se divise en deux : le coût de l’école en journée, et le coût des cours du soir. (voir tableau ci-contre)

Par comparaison, un manœuvre sur un chantier gagne 15 à 20,000 dongs par jour.

Concernant notre aide à la scolarisation, nous avons fait le choix dès le début du programme en 2001 de ne pas couvrir tous les frais, et d’aider les familles qui ont un peu, mais pas suffisamment, de moyens pour scolariser leurs enfants. Les familles très démunies sont prises en charge par d’autres programmes de parrainage plus coûteux, comme Enfants du Mékong. Nos partenaires travaillent aussi avec Enfants du Mékong et d’autres groupes.

Taux : 1€ = 25,000 Dongs Vietnamiens

Pour l’école de jour

Pour les cours du soir

Autres

 

 

 

 

Jardin d’enfants de sœur Julienne

600,000/mois (24 €)

 

 

Primaire

2,5 millions/an (100 €)

2 à 3 cours dans les 2 dernières années

 

Secondaire collège

2,5 millions/an (100€)

1 à 3 cours

200,000/cours/mois

Un élève prend 2 ou 3 cours du soir, 9 mois par an, soit 140 à 220 €/an

Secondaire Lycée

3 millions/an (120€)

250,000 à 300,000/cours/mois

Sans cours du soir, impossible d’entrer à l’université

Université

4 à 6 millions/semestre (320 à 480 €/an)

 

Et frais de transport + logement

Carnet de visite

Mercredi 17 mai 

Arrivée et installation à Hué : très heureux de retrouver cette belle ville si souvent visitée.

Jeudi 18 mai 

Matin, planning des visites. Puis visite au jardin d’enfants de Sœur Julienne. En arrivant, des parents nous attendent, avec les enfants : ils forment une haie d’accueil et nous offrent des fleurs ! La rencontre des enfants est bien organisée, et pour la traduction je suis aidé par Huyen, une jeune femme que nous avons parrainée pendant toute sa scolarité ! Que sont devenus les premiers enfants parrainés ? Certains travaillent comme journalier ; ou aident dans les bureaux ; d’autres vendent des vêtements ; quelques-uns continuent à l’université ; quelques filles sont mariées et ont eu leur premier bébé. L’après-midi, rencontre d’un certain nombre d’enfants des groupes de Madame Lai, institutrice à la retraite. Il y a beaucoup de remplacements, on essaye d’obtenir et de noter les informations concernant chaque enfant.

Vendredi 19 mai : visite chez les sampaniers et dans le village de Pierre Chinh, où nous rencontrons les enfants qui sortent de l’école. Pierre nous donne des nouvelles de la situation du Vietnam depuis ma dernière visite. Les sampaniers restent pauvres, car il n’y a pas de travail et ils n’ont pas de terres. Les jeunes arrêtent les études tôt. Pourquoi ? Pour travailler avec la famille ; Parce que leur niveau est faible ; Par entrainement des autres qui ont arrêté ; les diplômés de l’université ne trouvent pas de travail : ça décourage les autres ; ils se tournent vers l’apprentissage. Certains enfants de 12 à 14 ans partent seuls à Saigon ou Hanoï travailler dans des ateliers de couture de 12 à 14 heures par jour, insuffisamment surveillés par les autorités.

Vendredi 19 mai 

Visite chez les sampaniers et dans le village de Pierre Chinh, où nous rencontrons les enfants qui sortent de l’école. Pierre nous donne des nouvelles de la situation du Vietnam depuis ma dernière visite. Les sampaniers restent pauvres, car il n’y a pas de travail et ils n’ont pas de terres. Les jeunes arrêtent les études tôt. Pourquoi ? Pour travailler avec la famille ; Parce que leur niveau est faible ; Par entrainement des autres qui ont arrêté ; les diplômés de l’université ne trouvent pas de travail : ça décourage les autres ; ils se tournent vers l’apprentissage. Certains enfants de 12 à 14 ans partent seuls à Saigon ou Hanoï travailler dans des ateliers de couture de 12 à 14 heures par jour, insuffisamment surveillés par les autorités.

Samedi 20 mai 

Journée dans la paroisse de Binh Dien. Notre coordinateur local, Pierre Cong, est curé de cette paroisse, et ce jour, c’est la consécration de la nouvelle église qu’il a fait construire. L’évêque est là, c’est l’occasion de faire connaissance et de lui dire ce que nous faisons concernant les enfants des familles pauvres. Il est détendu et très encourageant. Il est aussi content que les gens et les autorités présentes à l’inauguration puissent voir un étranger : les autorités sont souvent inquiètes des visites d’étrangers dans les campagnes, et l’évêque aimerait qu’ils cessent de craindre ces visites.

Dimanche 21 mai

À A Luoi (dans la montagne, à la frontière avec le Laos)

La route est bien meilleure que la dernière fois: c’était l’époque de la construction (2012)

Tout est bien préparé quand on arrive, la sœur Mary Anh est à l’aise, elle connait bien les enfants et les parents. Et elle est assez à l’aise en anglais, ce qui aide ! Vu note la situation des familles. Il me partage qu’un enfant sur deux rêve d’être policier. Sans doute qu’ils n’ont pas d’autre modèle de métier stable et qui permette de s’enrichir… on est à la frontière du Laos, propice aux trafics et aux corruptions.

Autour de la ville, ce sont les populations de montagnards. Apparemment très pauvres, les conditions de vie sont très basiques, leurs capacités d’études limitées. Et il y a beaucoup de handicapés.

Les Sœurs Missionnaires de Marie Immaculée nous accueillent dans une communauté religieuse sympathique. On prépare l’interview. La sœur Mary Anh prend la chose très au sérieux et travaille son anglais avec Vu. Mais on ne pourra pas publier ce qu’elle dit des relations avec les autorités.

Elle aimerait avoir un centre d’accueil journalier des handicapés, mais ne reçoit pas l’autorisation. Pourtant, il y a beaucoup de personnes handicapées, sans structure d’accueil pour elles. Les maisons ne sont pas équipées pour leurs besoins, et les proches doivent les porter (des adultes) jusqu’aux toilettes à l’extérieur de la maison. Cela cause aussi des problèmes d’hygiène.

La sœur demande de l’aide pour construire des toilettes : je l’invite à faire un budget et à écrire un projet qu’elle pourra me communiquer. Son sérieux, ses capacités, son enthousiasme et son amour des pauvres m’inspirent. C’est la seconde fois que je la rencontre. J’ai envie de la faire connaître à d’autres. J’ai envie de visiter un village de Montagnards, mais il aurait fallu demander la permission d’avance. Du coup, je pense revenir l’an prochain, avec un groupe, et passer deux jours à A Luoi.

On passe dans 4 maisons, des familles que connaissent les sœurs. La première est la plus difficile, avec une personne handicapée, très déformée. Je m’assois volontiers à côté de lui sur sa couche basse, et j’essaie de communiquer avec lui par le toucher et le regard. Il semble apprécier. Vu et la sœur parlent avec la dame en Vietnamien. Elle s’occupe de son fils depuis 30 ou 40 ans, quotidiennement. Il dort peu, 2 ou 3h par nuit. Elle lui met une serviette dans la bouche pour éviter qu’il s’étouffe avec la langue hypertrophiée. Elle dit qu’il a sans cesse les muscles douloureux. Et elle doit le nourrir uniquement avec des liquides. Elle nous montre une bouteille de soda. On lui dit que ce n’est pas bon pour lui, mais le reste est trop cher, dit-elle. Je demande à Vu de traduire pendant que je filme. Il semble touché, mais il parle bien, clairement. J’hésite à inclure l’homme déformé dans mes images, finalement je le fais un peu.

L’autre visite marquante est cette maman montagnarde avec 4 enfants et un unique sac de riz juste récolté, pour tenir jusqu’au mois d’octobre quand il y aura la prochaine récolte. Que fera-t-elle quand le riz sera fini ? On mangera des tubercules, des fruits sauvages. Pourquoi une si faible récolte ? La rizière est minuscule. Il y a une dizaine de tiges de maïs devant la maison. En la regardant, on sent le poids de la responsabilité, un peu de fatalisme, beaucoup de fatigue.